Contenu en chlorophylle de l'océan

Le phytoplancton (le plancton "végétal") est le premier maillon de la chaîne alimentaire océanique, à la base de la nourriture de la plupart des poissons. Ce phytoplancton contient de la chlorophylle, à l'origine de la photosynthèse océanique, qui absorbe le CO2 atmosphérique et rejette de l'oxygène sous l'effet de la lumière solaire. Le phytoplancton joue, bien plus que tous les végétaux terrestres, le rôle de producteur d'oxygène sur Terre.

La gestion durable des ressources marines devenant une préoccupation majeure de nos sociétés, la connaissance du contenu en chlorophylle des couches superficielles de l'océan est aujourd'hui précieuse comme indicateur de la production primaire de la chaîne alimentaire marine, ainsi que de l'état de santé de l'océan mondial.


Carte de couleur de l'eau du 18/01/2011 sur la zone du manchot "Crush". Les zones plus claires correspondent à des endroits où le phytoplanton est plus abondant -- et, en fait, correspondent aussi à des tourbillons océaniques et à des méandres du courant, si l'on regard les cartes de courants ou de topographie océanique correspondantes (Crédits CLS, pour Argonautica)

 


Contenu en chlorophylle de l'océan le long de la côte gabonnaise, en avril 2009, au débouché du fleuve Congo. Les alluvions déversés par le fleuve, et la prolifération de phytoplancton qui en découle, peuvent donner naissance à des formes étranges... (Crédits CLS)

Ordres de grandeur

Le contenu en chlorophylle de l'océan se mesure en mg/m3. Il varie entre 0,03 mg/m3 dans les immenses zones de désert chlorophyllien (zones oligotrophiques) des grands océans (Pacifique et Atlantique nord et sud, océan Indien sud) jusqu'à plus de 10 mg/m3 dans les zones eutrophiques limitées des upwelling côtiers (Pérou, Mauritanie), ou lors des périodes de floraison dans les latitudes hautes à modérées.


 

Méthodes de "mesure"

Les mesures satellitaires

La couleur de l'eau, mesurée par les radiomètres optiques sensibles aux longueurs d'onde de l'énergie solaire réfléchie à la surface de l'océan, permet d'estimer le contenu en chlorophylle de l'océan.

Les modèles

Depuis quelques années, on voit l'émergence de modèles simulant la concentration en chlorophylle. Couplés à des modèles physiques de l'océan, leur amélioration permettra dans les années qui viennent de prévoir la production primaire, à l'échéance de quelques mois. Couplés à ces modèles "biogéochimiques", on voit également émerger des modèles complets d'écosystèmes marins, depuis l'apparition du phytoplancton jusqu'au gros poisson pélagique (type thon).