Les grands courants au fil du Vendée Globe

Le Vendée Globe, course autour du monde à la voile en solitaire, est partie le 9 novembre 2008 des Sables d'Olonnes (Vendée, France) pour un parcours de plusieurs mois.
Au cours de leur périple, les navigateurs vont traverser des zones de vent et de courants très différents, plus ou moins forts, plus ou moins turbulents... Dans le cadre d'Argonautica, certains d'entre eux vont larguer des bouées dans différents courants, une après le cap de Bonne Espérance, une deuxième au sud des Îles Kerguelen (donc ces deux dans le Courant circumpolaire antarctique) et une troisième dans le courant des Malouines (courant janvier).


Le trajet du Vendée Globe
(cliquez pour voir l'animation)

Le déplacement de l'eau dans les océans se fait par les courants marins. Les courants de surface transportent l'eau, chauffée par le Soleil à l'équateur et aux tropiques, vers les latitudes plus tempérées, voire froides. Les grands courants océaniques de surface, générés par les vents dominants, sont déviés par les côtes, et par la rotation de la Terre. La circulation océanique est affaire de creux et de bosses. Dans l'hémisphère Nord, les courants chauds tournent dans le sens des aiguilles d'une montre autour des bosses avec une vitesse proportionnelle à la pente, et les courants froids en sens inverse autour des creux. Dans l'hémisphère Sud, les sens de rotation sont inversés. Ils forment des boucles de part et d'autre de l'équateur, avec des vents dominants d'est (les Alizés). L'eau s'accumule ainsi sur les bords ouest des océans.
Les courants les plus forts se situent de ce fait près des rives ouest des océans : Gulf Stream en Atlantique Nord, Kuroshio près du Japon et Courant des Aiguilles dans l'Océan Indien, au sud de Madagascar. Tous ces courants sont des courants chauds, tournant autour des bosses du relief océanique.

D'autres courants, comme le Courant circumpolaire antarctique dans l'océan Austral et une de ses dérivations, le Courant des Malouines en Atlantique Sud, ou le courant du Labrador dans l'Atlantique nord sont des courants froids, qui tournent autour des creux du relief des océans dans le sens inverse des courants chauds.

L'altimétrie mesure les différences de hauteur de mer. Elle permet donc d'observer les courants. Ils peuvent aussi être visibles sur des cartes de température car ils peuvent avoir une température différente du reste de l'océan qu'ils traversent, ou sur les cartes de couleur de l'eau car le plancton se concentre dans les zones froides et/ou les zones de fortes variations.


Carte des grands courants océaniques vus par l'altimétrie.

Dans les zones des grands courants océaniques, beaucoup de tourbillons sont provoqués par le passage de ces courants forts. Ces tourbillons ressemblent aux turbulences visibles dans le sillage d'un bateau, ou après une pile de pont dans une rivière rapide.

Pour plus d'information

Gulf Stream


Le Gulf Stream longe les côtes d'Amérique du nord, avant de s'en détacher pour aller vers l'est.

Depuis les Antilles jusqu'au large de Terre-Neuve, le Gulf Stream, de par son importance pour la navigation transatlantique, est l'un des premiers courants à avoir été étudié de façon scientifique. Durant son parcours, il passe de 25° à 2°C, réchauffant au passage l'eau et l'atmosphère, et chargeant celle-ci d'humidité. Ce courant chaud, comme le Kuroshio (son équivalent dans le Pacifique), est un courant de bord ouest, formé par les vents d'est. On y observe de fortes turbulences, et des variations de direction, de vitesse et de température très fortes. Les courant des Aiguilles, du Brésil... dans l'hémisphère sud sont similaires.
Le Gulf Stream est l'un des courants les plus connus, le plus puissant et certainement le plus étudié, et ce depuis la fin du 18e siècle. Au niveau de la Floride, son débit est 30 fois celui de tous les fleuves de la Terre réunis. Au plus fort, il atteint cinq fois cette valeur (soit l'équivalent de 800 millions de baignoires par seconde !), sur une largeur d'environ 90 km. Sa vitesse maximale est de 2 m/s (environ 7,2 km/h).

Le Gulf Stream proprement dit part du Cap Hatteras, en Caroline du Nord (États-Unis), et se termine vers 55°N. Une branche part vers le Nord-est, c'est la Dérive nord-atlantique. Une autre part vers l'est, c'est le courant des Açores, qui descend ensuite vers le sud (courant des Canaries), pour finir par le courant Nord-équatorial, le courant des Caraïbes, le "Loop current" dans le golfe du Mexique, et le courant de Floride qui boucle la boucle en finissant au Cap Hatteras. Mais on utilise souvent le terme de Gulf Stream pour désigner, soit le courant du détroit de Floride à l'Islande (incluant le courant de Floride et la Dérive nord-atlantique), soit la boucle complète (on parle quelques fois de "gyre").

Courant circumpolaire antarctique


Le Courant circumplolaire antarctique fait le tour du continent glacé

Le Courant circumpolaire antarctique est un des courants les plus originaux, car il est le seul à ne pas être arrêté par un continent. Il relie ainsi tous les autres océans, et permet le passage d'eau de l'un à l'autre.
L'océan Austral, autour de l'Antarctique, est l'un des endroits les plus inaccessibles de la Terre. Les vents et les vagues, qui atteignent souvent des ampleurs rarement égalées ailleurs, ainsi que les icebergs rendent la navigation particulièrement difficile. De ce fait, le Courant Circumpolaire Antarctique est l'un des courants les moins étudiés de la planète.

Différentes bouées Argonautica ont déjà été larguées dans ce courant, avec des beaux parcours pour certaines :

  Voir Les localisations et les cartes des balises animales

Courant des Malouines


Le courant des Malouines

Le courant des Malouines est une branche du Courant circumpolaire antarctique, qui se détache après le passage du détroit de Drake, au sud de l'Amérique, et coule vers le nord, en suivant les contours du plateau continental argentin. C'est un courant froid et intense. Il est aussi très turbulent, en particulier quand il rencontre le courant chaud du Brésil.